Un point et la rose

Un point de vue socialiste et talençais par Pierre Benayoun

Un point et la rose header image 1

Et si on reparlait politique ?

27 mai 2010 · Aucun commentaire

null
Depuis le début de la crise de nouveaux termes apparaissent régulièrement : subprime, effet de levier, fond souverain, défaut de paiement, notation AAA etc….

J’ai du lire nombre de sites et de livres pour essayer de comprendre les significations, interactions et implications de ces nouveau vocabulaire. A peine un mot ingéré qu’un nouveau apparait.

En parallèle on a parlé d’un retour à la politique pour contrôler cette économie qui serait devenue folle, condamner ces abominables spéculateurs, ces marchés coupables. Tout le monde réclamait le retour d’un capitalisme moral.

D’un côté on trouve donc un débat ultra technique lié à l’économie moderne. D’un autre côté un discours politique qui se focalise sur la moralité du système actuel.

N’oublie-t’on pas l’essentiel ?

André Comte-Sponville dans son livre “Le capitalisme est t’il moral” définit quatre grand ordres :

  • l’ordre de l’amour
  • l’ordre de la morale
  • l’ordre juridico-politique
  • l’ordre techno-scientifique

Vous trouverez un résumé de sa pensée en 5 pages ici (mais je ne peux que vous conseiller de lire son livre qui non seulement définit ces 4 ordres mais explique les nombreuses interactions entre eux et ce qui en découle).

Concentrons nous sur les trois derniers points car ils sont les trois composantes de ce que l’on appelle généralement la politique.

Pour Comte-Sponville la morale est notre définition du bien et du mal. Dire qu’un spéculateur est un odieux personnage est un jugement d’ordre moral.

Dans l’optique du philosophe l’ordre juridico-politique définit les règles du jeu en société (le juridique) et les actions à mettre en place (la politique). Une loi est de cet ordre.

L’ordre techno-scientifique concerne lui l’ensemble du monde des sciences fondamentales et des techniques les mettant en œuvre. L’économie, pure et dure, fait partie de cet ordre. Prêter de l’argent à 5 % à la Grèce est une action économique.

Le problème est donc bien le suivant, quand on parle de politique en ce moment on parle de tout sauf de l’essentiel : On se place sur un ton moral, les spéculateurs sont odieux, ou l’on se concentre sur l’aspect technique : fallait-il prêter à 2,5 ou 5 % à la Grêce ?

C’est un peu comme si au moment de décider de partir aux prochaines vacances on se lançait dans des grands débats sur le bien fondé des congés et qu’ensuite on se focaliserait sur les avantages comparés des voitures diesel et essences. On aurait juste oublié de réfléchir à ce que l’on veux faire de nos vacances et où aller !

La succession actuelle de crises financières pose de graves questions économiques et morales.

Se concentrer sur l’un de ses aspects seuls est donc une énorme erreur.

Trouver la somme et le taux optimum pour prêter à la Grèce ne résoudra au mieux que ce problème ponctuel.

Or le problème est global. Le système actuel donne trop de place aux marchés financiers qui ne basent leurs actions que sur un facteur : la rentabilité à cour terme.

Les conséquences sont effarantes au niveau politique et social : Idéologie de la rentabilité étendue à tous les aspects de la vie humaine, société du toujours plus, civilisation occidentale centrée sur les gagnants et ignorant tous les autres. Et je n’en cite que quelques uns….

Mais l’on ne peut se contenter d’un débat sur cette moralité en vase clôt. Définir à quel point les spéculateurs sont immoraux ne donne aucune solution.

Les questions politiques sont autres :

  • A court terme :
    • Comment contrôler les marchés financiers ? A quelle niveau mettre en place les solutions ? Etats, Union européenne, G20, autre ?
    • Comment régler les questions de prêts aux entreprises et aux états ? Il y a t’il des alternatives aux marchés financiers ? Comment les mettre en place ?
  • A moyen terme :
    • Quelle dettes pour quels objectifs ?
    • Les états doivent t’ils emprunter pour relancer l’économie ?
    • Qui doit prêter à quelles entreprises ?
  • A long terme :
    • Comment sortir des pures logiques financières ? Notre société doit elle tourner autour des entreprises privées ?
    • Quelle société voulons nous ?
    • Quelles solutions pour y arriver ?

Nous n’avancerons vraiment qu’en se posant ces réelles questions.

Tags: Politique

Aucun commentaire ↓

  • Et si vous laissiez le premier commentaire ?

Laissez un commentaire