Alors là nous attaquons une nalyse bien plus subjective. je vous relate ici mes impressions lors de la soirée de la victoire du deuxième tour.
Une soirée qui en dit beaucoup
Nous sommes donc le 21 Mars 2010 vers 21 h. Pendant une partie de la journée j’ai tenu le rôle de chauffeur pour Gilles Savary, conseiller général de Talence, afin qu’il puisse faire le tour des bureaux de vote de la ville.
20H30, nous passons donc à la permanence d’Alain Rousset, tête de liste PS, sur les quais. Il y a un peu de monde, essentiellement sur le trottoir. L’atmosphère est joyeuse mais pas festive. Mais surtout tout le monde est sur le départ !
Moi : “Mais vous allez où ?”
Ceux que je croise : “A La Région tient !” avec ce haussement d’épaule typiquement Français genre “Il est con tout le monde sait que c’est à la Région”.
Gilles s’est déjà fait alpaguer par France Bleu pour une interview et en 5 minutes on se retrouve à tout casser à cinq dans la permanence.
Un groupe de jeunes arrive : “Ben c’est où la fête ? ”
Moi sans haussement d’épaule : “A la région”
Les jeunes un peu intimidé “Heu c’est bien le truc pas loin de Lescure ? On a le droit d’y aller ?”. L’un d’eux bombe un brin le torse “Parce qu’on a collé des affiches hein !”
Un camarade “Mais oui les jeunes” et il leur donne l’adresse.
L’interview finie, On file avec Gilles à la Région.
Quand PS corporation remporte le contrat “Régionales Aquitaine” à l’insu de UMP S.A
Arrivé là-bas il y a un monde fou. L’atmosphère est heureuse bien évidemment. Mais il n’y pas d’euphorie. Les gens présents étaient pour la plupart sur le pont 12 h par jour avec des collages à 5 h du matin et des réunions le soir à l’autre bout de la région. On est crevé, cette victoire était attendue et Rousset fait même un peu moins que ce qu’on espérait.
On a quand même mis les petits plats dans les grands : Écran géant, énorme buffet avec serveurs avec veston et cravate. Ils n’ont pas les gants blancs mais presque.
Pour tout vous dire ma boîte aurait gagné un contrat et organisé un buffet pour fêter cela, l’atmosphère aurait été la même : professionnelle.
D’ailleurs une bonne partie des gens qui sont là sont des pros de la politique : directeurs de cabinets, assistants parlementaires, élus. Le reste est essentiellement constitué des petits cadres du PS : secrétaires de section, responsables de courants, membres du conseil fédéral ou de l’école des futurs grands cadres : le MJS. Alors oui il y a des “simples” militants mais subjectivement je chiffrerai ça à 10 % à tout casser.
Voir des gars en costard cravate se faire servir des petits fours par des serveurs en veston fait donc plus penser à une fête d’entreprise qu’à la victoire du peuple de Gauche en 81. On y perd un lyrisme ce que l’on y gagne en professionnalisme. Une des tendances du PS moderne.
Rencontres
Je n’ai pas croisé que des pros de la politique. Des amis m’ont rejoint. Ils ont eu leur carte au Parti, il l’on quitté au moment de Reims. Les savoir là voulant participer à la fête montre que le PS qui dégoutait tout le monde s’est éloigné.
Je tombe ainsi sur Jerôme Lobao, ancien militant PS et toujours ami. Il tient maintenant le blog “mouette rieuse”. A travers son site il milite pour la cause des Rroms et tape à bras raccourcis sur le PS qui y faut le dire le mérite souvent. Il y va fort avec quelquefois pas mal de mauvaise foi mais j’ai jamais réussi à vraiment lui en vouloir.
On se claque la bise : Il m’avoue qu’il est venu ce soir par pure provocation, qu’il est presque déçu que personne ne l’ai foutu dehors et qu’il a réussi à parler de la cause Rrom avec Philippe Madrelle, le président du conseil général. On trinque avec un grand sourire.
Les jeunes vus à la permanence sont là, ravis de boire un coup de rouge en échange des affiches collées.
Je croise enfin un couple de “vrais” militants socialistes. Ils ont la cinquantaine adorable et ont fait quasiment tous les meetings en plus des tractages et autres activités militantes. Ils sont contents sans plus. Ils se sentent pas vraiment à leur place ici : trop de “pros” de la politique. Ils ont l’impression que finalement les simples militants ne servent plus à grand chose sinon distribuer des tracts. J’ai bien du mal à les contredire.
La soirée continue et Gilles nous entraîne une bonne amie et moi dans…le bureau d’Alain Rousset.
Le bureau, le bureau, le bureau !
Pas grand chose à dire cela tient plus de la vie privée que de l’analyse politique. Ça faisait bizarre d’être là : On était en compagnie de quelques “grands” de la gauche Aquitaine et des proches du président autour d’un verre. Et dans ce cadre Monsieur le président de Région est adorable.
Pendant ce temps le bureau d’à côté abritait pas mal de cadres du PS local. Entre deux verres de champagne, j’avais bien l’impression que cela négociait déjà ferme pour les vices-présidence. On ne se refait pas…
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