Un point et la rose

Un point de vue socialiste et talençais par Pierre Benayoun

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Pendant que nos chefs s’étripent….

18 novembre 2009 · Aucun commentaire

Quand le PS se croit à la cours de Versailles…

Je n’avais jamais eu l’occasion d’approcher d’aussi près le processus de désignation des candidats. Ce que j’en avais vécu indirectement ou entendu était catastrophique.

Officiellement au PS on ne fait de la politique que pour sauver le monde. Il est donc bien vil de se soucier de sa petite carrière alors qu’il y a tant à faire pour avoir enfin des lendemains qui chantent.

Ce dogme rend la problématique des candidatures complètement taboue au PS. Et les dommages collatéraux sont tout sauf anecdotiques.

Tout est dans le non-dit.

Le candidat désigne sa liste à l’aide de quelques conseillers mais ceux-ci ne sont jamais officiellement désignés ce qui lance toutes les supputations possibles. On leur donne rapidement une importance exagérée et passer par eux semble être l’acmé de l’accession à la liste.

Une première étape pour le candidat est donc de savoir à qui s’adresser.

Tout se fait donc en secret.

Ceci favorise les jeux de cours. On “sait” évidemment comment ca se passe et “il est évident” que Untel et Untel font la liste. Ça tombe bien on les connait. D’ailleurs on les a invité au resto jeudi.

Les pseudo-conseillers fleurissent ce qui n’arrange pas les choses.

Ceux qui passent le plus de temps entre socialistes, les élus, les membres des cabinets, savent plus facilement qui est qui.

Poser candidement la question vous fera passer pour au mieux un incompétent incapable de déchiffrer les arcanes du PS, au pire pour un arriviste.

Les nouveaux loupent ainsi souvent la première étape, savoir à qui s’adresser.

De plus ne sachant pas qui est candidat les rapports de tendent. On soupçonne rapidement un camarade de vouloir, quelquefois à raison, vous griller la politesse. Ceci peut rapidement créer un sentiment de paranoïa.

Enfin ce système opaque n’explicitant pas ses choix les problème ne s’arrêtent pas le jour de la désignation. Le système crée alors bien des rancœurs. Ne pouvant être exprimées au grand jour, elle empoisonnent les relations entre exclus et sélectionnés :

  • “Si je l’ai pas eu c’est parce que Dédé m’a dans le nez” : pas de chance Dédé n’avait aucun rapport avec la désignation de la liste
  • “Lulu sur la liste ? C’est parce qu’il lèche les bottes depuis deux ans” :C’est vrai que lulu est un vrai fayot, mais la décision de le prendre sur la liste n’étant jamais explicité on ne saura jamais en quoi cela aura influencé les fameux conseillers
  • “Si elle l’a eu c’est parce qu’elle couche avec untel” : Cette remarque ne s’emploie évidemment qu’avec des femmes. D’une part parce que les postes d’influences sont à une écrasante majorité tenus par des hommes ensuite parce que l’on est féministe mais pas trop au PS !

Et bien évidemment ces rancœurs peuvent rester des mois, voire des années….

Ceci est catastrophique. D’une part les candidats se voient rapidement traités d’arrivistes pour peu qu’ils jouent la transparence, ne savent jamais pour beaucoup pourquoi ils n’ont pas été choisis.

Pire ce système freine le renouvellement, les nouveaux devant apprendre à la dure comment se passent les désignation. Ceux qui ne sont pas dégoutés en déduisent que pour être élu il faut cultiver l’art du secret, faire toujours semblant de savoir et se méfier de son voisin…

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Tags: Politique

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