Un point et la rose

Un point de vue socialiste et talençais par Pierre Benayoun

Un point et la rose header image 1

Consultation des militants : Mon avis que j’ai (Dernière partie…ouf !)

1 octobre 2009 · 2 commentaires

l’éthique

Etes-vous favorables à la création dans notre parti d’une autorité indépendante et incontestée, chargée de faire respecter les règles d’éthique et de droit s’imposant à tous les adhérents du Parti Socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort toute question en rapport avec la violation de nos règles communes ?

je voterai : Non

Selon Wikipédia l’éthique “se donne pour but d’indiquer comment les êtres doivent se comporter et agir entre eux dans un espace.

L’éthique est un choix personnel. Ce n’est pas à une commission de décider ce qui est éthique ou non et de sanctionner ceux qui ne sont pas dans la ligne.

Nos statuts disposent déjà de texte mettant en place des commissions des conflits qui font déjà très bien leur travail. Ne rajoutons pas une commission inutile. Je vote donc “non”.

Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes ?

je voterai : Oui

Vaste problème.

Dans le petit monde du Parti demandez à n’importe qui : C’est “évident” la triche est généralisée.

Untel vous raconte sous le ton de la confidence que ca trichait déjà beaucoup sous Mitterand. Chaque membre d’une motion connait une fédération d’une autre motion qui “triche à un point que ca en est effarant”.

Avant Reims, personne n’avait fouillé les poubelles. Tout le monde se rassurait en se disant que les tricheries entre courants, au final, s’équilibraient.

On remarquera que tout se base du des témoignages plus ou moins directs voire des rumeurs. A ma connaissance aucune enquête sérieuse n’a été faite sur la triche bien que Reims ai fait ressortir une flopée d’affaires nauséabondes.

Comme dit l’Internationale : “Du passé faisons table rase”. Le temps est compté, consacrons le à l’avenir plutôt qu’aux erreurs du passé.

Allons de l’avant, cherchons une solution au problème.

Ce que l’on appelle la triche concerne en fait de nombreuses pressions sur le militant avant même le vote et d’étapes ou l’amateurisme de notre organisation interne laisse la place à toutes les triches possibles.

Entre socialiste, il ne devrait pas y avoir de problème de confiance. Il n’existe donc pas de système permettant de véritablement garantir la sincérité d’un vote.

Résultat :
Un amateurisme en matière d’élections qui fout la trouille.

Petite liste des actions qui peuvent entamer la sincérité du vote :
Avant le vote :

  • La pression amicale :
    Elle n’est quelquefois même pas verbalisé. On fait comprendre qu’il faut voter comme son courant. On suggère qu’il faudrait renvoyer l’ascenseur à untel sans qui vous ne seriez pas élu ou ne travailleriez pas dans telle collectivité. On évoque un poste important à pourvoir à l’avenir etc…ce n’est pas de la triche juste de la manipulation, à la limite d’être cité ici
  • La pression pas amicale :
    On rappelle que l’on ne pourrait pas être soutenu pour les prochaines élections voire que son poste dans la collectivité pourrait ne pas être retenu. C’est souvent dit de manière allusive mais c’ets quelque fois très explicite.

Ces pressions sont monnaies courantes. Si l’on est simple militant il suffit de prendre un peu de recul pour voter en son âme et conscience. Une fois dans l’isoloir personne ne pourra savoir pour qui vous avez voté.

Si l’on est responsable ou élu les choses se compliquent. “On” saura pour qui aura voté votre section, circonscription ou fédération. “On” pourra en tirer des conséquences si le vote ne va pas dans le bon sens.

C’est cela qui pousse à tricher, le pire c’est que c’est terriblement facile.

Pendant le vote :
Les votes se font au niveau de la section ou les possibilités sont nombreuses.

  • Faire voter la famille, les copains :
    Ce n’est pas de la triche au sens strict. Mais cela peut être rageant de voir toute une famille ou bande de copains d’un élu/responsable, qu’on ne voit jamais par ailleurs, venir voter comme un seul homme. A l’échelle de la section ou une majorité se joue souvent à moins de 10 voix ça change tout.
  • Faire voter quand il n’y a personne :
    Plus la section est petite, plus c’est facile. Le vote dure de 17h à 22h en général. Les volontaires pour tenir le bureau de vote sont difficiles à trouver et il n’y a pas foule en permanence. En s’arrangeant un peu il suffit de profiter du moment ou l’est entre soi. On vote alors à la place de quelques camarades qui ne viennent jamais. Pour prouver la triche il faudrait que quelqu’un vérifie la liste après le vote, devine le pot aux roses et fasse une enquête. Peu probable.
  • Soirée déguisée :
    Là on sait qu’une personne ne viendra pas mais pour des raisons X ou Y, comme la présence permanente d’un militant désintéressé, on ne peut voter directement à sa place. Et bien qu’importe ce sera quelqu’un d’autre qui le fera. Qu’importe si un vénérable militant de 86 ans arrive en tenue de foot avec un air juvénile. On est entre socialistes, on va pas demander sa carte d’identité à un camarade !

Cerise sur le gâteau ces trois types de manœuvres sont compatibles, rien n’empêche de faire venir un copain qui se fera passer pour un membre de la famille par exemple.

Après le vote
Avant toute chose parlons du système de regroupement des résultats.

Comme dit précédemment, on vote au niveau des sections. A la fin du vote on dépouille les bulletins et l’on fait un PV. On communique les résultats au téléphone à la fédération qui les regroupe et les envoie par mail ou téléphone au national le soir même dans l’urgence.

Ensuite en théorie une commission refait ca bien sérieusement à l’échelle des fédérations et du national à partir des Pvs. En pratique on vient à une réunion ou le responsable annonce les résultats et tout le monde valide sans vérification.

Puis en théorie toujours il y a un congrès fédéral puis national pour faire valider tout ca par nos instances. En pratique tout le monde vote à main levée sans vérifier.

Pour résumer le soir du vote on regroupe dans l’urgence les votes et le travail de vérification qui suit n’est pas fait.

Ceci permet donc :

  • En section :
  • On peut remplacer des paquets d’enveloppes avant le dépouillement par des paquets préparés à l’avance avec une écrasante majorité pour le vote que l’on défend. C’est risqué mais efficace. Mais vu le monde aux dépouillement si l’on se fait chopper cela peut coûter très cher.

  • En section et/ou fédération :
    Là on est dans l’industriel : Communiquer de faux résultats. Comme dit plus haut cette étape était très peu surveillée et c’est là ou l’on pouvait le plus facilement tricher avec une efficacité maximum qui plus est. Plus vous êtes puissant dans votre féderation plus c’est facile. Vu les doutes sur le congrès de Reims elle sera j’espère bien plus complexe à mettre en œuvre à l’avenir.

Alors que faire pour limiter tout cela ?

En ce qui concerne les pressions les solutions sont limitées. On pourra toujours rappeler plus fermement que le vote est libre et que l’on est seul dans l’isoloir. Cela ne fera pas de miracles…

On ne peut non plus éviter que toute une famille, même si elle ne fait rien d’autre que voter, soit inscrite au PS.

Par contre on peut, à chaque étape, rendre la triche beaucoup plus difficile. La tentation n’en sera que moins forte.

Comment ?

Pages: 1 2 3 4

Tags: Politique

2 commentaires ↓

  • 1 Amélie // oct 1, 2009 at 11:48

    j’aime pas la bière mais je veux bien un pago fraise ;)

    juste un désaccord : “Avant Reims, personne n’avait fouillé les poubelles. Tout le monde se rassurait en se disant que les tricheries entre courants, au final, s’équilibraient.”
    Je pense qu’en réalité jusqu’à Dijon, les tricheries massives (grosses fédés pouvant peser sur un résultat national) favorisaient toutes la même motion. Au Mans, la Seine-Maritime s’est détachée des autres mais pas assez pour peser nationalement. La seule nouveauté c’est qu’avant ‘on’ trichait ensemble et que maintenant ‘on’ triche les uns contre les autres… Si on rajoute à ça un climat tendu, un scrutin serré et une compétence réelle pour la victimisation, on pourrait presque faire oublier qu”on’ approuve la triche quand elle ne sert qu’à écraser un peu plus (je ne parle pas de résultat mais d’ampleur du résultat) les mino (NPS, Mélenchon, le non au TCE…….) mais qu”on’ la trouve brusquement insupportable quand elle est tournée contre soi….
    J’appartiens depuis longtemps à un courant qui ni les moyens ni l’occasion ni finalement l’intérêt (en terme de masse) de tricher, et je suis ravie de la prise de conscience mais agacée par le côté “c’est un complot anti ségolène”. non, c’est juste que quand ils étaient ensemble, ils ne faisaient pas de compétition des meilleurs tricheurs, et donc les bouches du rhône sont sans doute un poil moins efficaces que les autres à ce jeu là…

  • 2 Amélie // oct 1, 2009 at 15:38

    sur les votes en congrès, je suis assez favorable à la proportionnelle à un tour, qui permet une représentation juste de la diversité des sensibilités, et ce n’est pas cette diversité qui engendre la cacophonie aujourd’hui, ou du moins ce ne serait pas mieux tranché à mon avis avec seulement deux motions… par contre, il me semble que c’est ce qu’ont fait presque toutes les motions, identifier clairement qui les portent est indispensable, ce qui aura l’avantage de vider les frigidaires ;)
    je suis en fait favorable à ce que le mandataire national de la motion arrivée en tête soit premier secrétaire. il lui revient ensuite de constituer sa majorité et de proposer les orientations politiques et d’activité au congrès comme tu le proposes.
    au MJS les choses sont un peu différentes, mais le discours du Président nouvellement élu à la fin du Congrès est quelque chose de très important pour marquer la vie de l’organisation pour les 2 années suivantes. le congrès du MJS est à la fois une fin (votes sur les rapports d’activités), un débat (des résolutions sont adoptées par les délégués sur des sujets variés) et un commencement (le discours du Président le dimanche). je trouve ça assez sain pour remettre l’organisation en marche.

Laissez un commentaire