Une organisation interne incroyablement peu efficace
Reims l’a montré. Ce parti montre un amateurisme des plus préoccupants.
Actuellement le Parti renouvelle son orientation politique et ses dirigeants tous les trois ans.
Schématiquement cette désignation se fait avec les mêmes étapes à tous les niveaux du parti1 :
- Une élection qui tranche les choix politiques en un tour
- Des courants qui choisissent leur représentants en interne
- Un congrès
- un vote en deux tour pour choisir le principal dirigeant tel le premier secrétaire
En y réfléchissant nous avons toutes les raisons pour avoir un congrès de Rennes ou de Reims tous les trois ans :
- Un premier vote qui ne tranche rien :
Les scrutins à la proportionnel en un seul tour ont toujours tendance à émietter les chambres qu’ils désignent. le Parti ne fait pas exception. On explose le parti en écuries plutôt qu’arbitrer entre deux ou trois grands courants d’idées. - Des systèmes de désignation opaques :
- Un congrès qui finalise des tractations de couloir….Devant des centaines de journalistes :
En théorie le congrès sert à faire une synthèse politique entre des socialistes désireux avant tout de changer le monde. Les choses vont vite et l’on profite de la présence de centaines de journalistes pour présenter les grandes orientations à venir.En pratique, on y finalise les tractations entre courants et l’on fourbit les armes pour les élections du premier secrétaire qui auront lieu…plus tard. Les journalistes sont une excellent arme à utiliser pour séduire les militants et…affaiblir les adversaires. Le congrès peut donc tout à fait se transformer en grand Barnum ou tout se passe dans les couloirs et où les petites phrases fusent. Et il n’y a même pas de nouveau premier secrétaire pour faire M. Loyal !
- Une élection du premier secrétaire qui arrive pile poil au…pire moment :
L’élection arrive après que la synthèse ait été faite,que les délégués aient été désignés, que les journalistes soient partis du congrès.Si les choses sont déjà claires et si cette dernière élection a un résultat logique, ce qui n’est pas notre spécialité, on a un score stalinien. Autrement c’est tout simplement le foutoir avec un premier secrétaire sans majorité !
Et si rien n’a déjà été tranché et bien c’est l’exemple de Reims et à voir ce qu’il s’est passé cela n’arrange rien bien au contraire.
En votant pour une motion vous n’avez qu’une idée très vague de qui la représentera. En effet on choisit les délégués dans chaque écurie APRES l’élection. Il n’y a pas de règles : autant vous dire que c’est la foire d’empoigne et que tout se passe dans les couloirs quel que soit le niveau. La transparence est nulle pour l’électeur, favorise les comportements de cours et la caporalisation plutôt que le travail de fond chez nos cadres.
La situation du Parti n’est donc pas très glorieuse. S’il ne faut pas noircir la situation, le parti est majoritaire au plan local, l’état des lieux est préoccupant.
L’obsession de la présidentielle de nos dirigeants, la caporalisation au plan local; notre incapacité à dépasser les contraintes médiatiques voire tout simplement à faire de notre parti autre chose qu’une machine à élection bien mal huilée entame fortement notre capacité à travailler sur l’essentiel : mettre en œuvre notre projet politique.
Et pourtant les pistes d’améliorations sont nombreuses et à notre portée. J’en reparlerai dans un prochain post.
- section, fédération départementale, national [↩]
Un commentaire ↓
1 Amélie // sept 4, 2009 at 14:55
Il me semble que la personnalisation des débats politiques est quand même largement induite par nos institutions, aggravée par le calendrier choisi en 2002 et nos échecs successifs.
aujourd’hui, on “sait” gagner les élections qui se jouent sur nos actions, sur notre travail de terrain. et on échoue à l’élection qui se gagne sur une personne, au-delà des projets etc… il y a donc une certaine logique à ce que nous focalisions notre attention sur ce qui nous résiste…
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