Un parti incapable de communiquer
Dans notre système démocratique il est fondamental pour un parti de pouvoir communiquer pour faire comprendre ses idées, adopter son point de vue et finalement faire voter pour lui. Les deux principales voies sont la communication directe (tracts, discours, sites officiels) puis suivent les médias.
Au niveau de la communication directe le Parti a un site internet honnête, de bons orateurs et sûrement la plus grosse force de frappe en France pour distribuer des tracts et remplir des meeting (bien que l’UMP semble imbattable pour remplir les supermarchés). Certaines mauvais langues disent d’ailleurs que les militants PS ne servent qu’à cela.
Malheureusement notre gestion des médias (j’entends télévisions/radios/journaux) est malheureusement proche de la catastrophe.
Les contraintes sont certes nombreuses.
D’une part une droitisation de la presse. Je ne parle pas de médias foncièrement de droite qui l’assument et participent comme tel au débat d’idée. De toutes façons il en existe peu !
Je parle de médias sous la pression du pouvoir ou tenus par des amis de celui-ci.
Dans le premier cas on peut tout simplement parler du service public dont le président de la République nomme directement les présidents de chaîne.
Dans le deuxième on peut citer le Figaro qui a beaucoup de mal à tenir une ligne éditoriale indépendante de son propriétaire. En effet Serge Dassault qui n’est rien de moins que sénateur UMP s’immisce régulièrement pour faire paraitre tel ou tel article. Au point de faire réagir publiquement les journalistes.
Ces médias dont le poids est considérable jouent le jeu de la droite mais sans l’afficher ouvertement.
Prenons TF1. La plus grande chaine de télé d’Europe en terme d’audiences appartient au groupe Bouygues. Une entreprise dirigée par Martin Bouygues parrain du fils du président de la République.
Cette télévision sous un vernis objectif est un des principaux soutien de la droite française. S’il est possible pour le PS d’avoir ses dirigeants au journaux de 20H, les questions y seront moins amicales que pour un homme politique de droite.
Quant aux reportages, pour faire simple disons qu’ils tapent là ou ça fait mal à Gauche et caressent dans le sens du poil à Droite.
Autre problème, peut être bien plus grave, la peoplisation (orthographe sujette à caution) des médias.
En effet depuis une dizaine d’année les médias sont passés petit à petit d’une culture du fond à une culture de la forme. La petite phrase l’emporte sur l’analyse, l’émotion sur la raison, la personne sur le discours.
Dans le domaine politique les conséquences sont les suivantes :
- Manuel Valls a beaucoup plus de succès avec un “Le PS est mort” que Pierre Larrouturou avec son analyse de fond sur la crise économique actuelle
- Rappelez vous le traitement du thème de l’insécurité en 2002. Il y avait un fossé entre des statistiques qui n’avaient rien d’alarmant et un climat de peur qui se généralisait. Le sujet, complexe, aurait mérité une analyse poussée autant sur les chiffres que sur l’aspect sociologique. Et bien non ce fut l’affaire Paul Voise. On avait traité le sujet de façon uniquement larmoyante.
- Nicolas Sarkozy a toujours réussi en misant sur son rôle de personnage politique suractif. Son discours a pourtant, surtout au niveau économique, peu de cohérence.
Avec tout cela comme dirait un ami, on ne part pas sur les bases du record du Monde.
Mais rappelons nous que le PS avait gagné en 1981 avec l’ensemble des médias publics (soit toutes les télévisions et une bonne partie des radios) contre elle et que la peoplisation est une contrainte de forme qui touche tout le champs politique.
Mais malheureusement nos dirigeants nationaux, pour leur écrasante majorité, sont tombés dans le piège. Ils devraient tenir compte de ces contraintes pour faire passer dans l’opinion notre point de vue sur les débats en cours et essayer d’imposer nos sujets. Ils en jouent juste en utilisant petites phrases sur petites phrases pour se démarquer les uns des autres pour 2012 ou 2017…
Désolant…
Un commentaire ↓
1 Amélie // sept 4, 2009 at 14:55
Il me semble que la personnalisation des débats politiques est quand même largement induite par nos institutions, aggravée par le calendrier choisi en 2002 et nos échecs successifs.
aujourd’hui, on “sait” gagner les élections qui se jouent sur nos actions, sur notre travail de terrain. et on échoue à l’élection qui se gagne sur une personne, au-delà des projets etc… il y a donc une certaine logique à ce que nous focalisions notre attention sur ce qui nous résiste…
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