Comme convenu dans le précèdent post je commence ici ma longue série d’articles qui va évidemment assurer un avenir radieux au peuple socialiste.
Avant d’aborder des grands débats comme l’Europe ou l’économie, je traite ici du Parti en lui même.
C’est aujourd’hui l’ouverture de l’université de La Rochelle. Tous les regards vont être tournés vers le Parti. C’est donc le bon moment pour aborder le sujet.
Mais avant tout, si le Parti veut s’atteler aux défis de l’époque il faut d’abord qu’il soit une machine politique efficace ce qui est loin d’être le cas.
Cette analyse sera divisée en deux posts : un état des lieux dans ce premier article; j’esquisserai quelques solutions dans un deuxième.
Pas besoin de s’intéresser de très près à la politique pour voir que le Parti n’est pas au mieux actuellement. Les problèmes sont nombreux et pas forcément ceux dont se gargarisent les médias. Avant toute chose procédons à un état des lieux. Il y a beaucoup de choses à dire….En route !
Une fédération d’écuries présidentielles, des baronnies locales, des militants réduits au rôle de distributeurs de tracts
Si l’on regarde l’organisation réelle du Parti, on voit un découpage par ce que l’on appelle des courants. A l’origine, l’appellation venait des courants d’idées mais depuis une dizaine d’années ce découpage qui se faisait d’abord sur le fond puis sur les hommes s’est inversé.
Nous avons actuellement une dizaine de personnalités qui dirige de manière plus ou moins formelle un ensemble de cadres et militants au niveau national. Alors qu’à une époque ces militants seraient liés par une idéologie, au sens noble du terme, ils le sont actuellement comme une écurie dans une entreprise leur garantissant, en théorie, une carrière.
La situation est cocasse.
Hier un leader proposait un projet politique et réunissait ainsi un ensemble de cadres qui, intéressés par cette vision, le suivaient et faisaient ainsi carrière.
Aujourd’hui un leader propose des carrières et recrute ainsi un ensemble de cadres qui, intéressé par cette opportunité, l’aide à se démarquer en faisant un programme.
Le résultat :
Alors qu’il n’y a réellement la place que pour deux ou trois grands courants d’idées nous avons un Parti morcelé avec une dizaine d’écuries qui se ressemble quelquefois terriblement sur le fond. La lutte est féroce pour des places et l’on fait quelquefois de drôles de trouvailles pour se démarquer plus sur la forme que sur le fond.
La seule échéance qui intéresse au national est la présidentielle et tout le reste passe au second plan. Ceci explique qu’aujourd’hui, alors que nous n’avons pas de programme et qu’il y a des élections régionales en 2010, on ne parle que…..des primaires pour les présidentielles 2012 !
Si la situation n’est pas aussi catastrophique au plan local quelques spécificités n’arrangent pas les choses.
pourtant certains points sont clairement en notre faveur.
On ne le dit pas assez mais le PS est surement le premier Parti de France au niveau local : 20 régions sur 22, 58 conseils généraux sur 100 et 26 sur 39 des villes de plus de 100 000 habitants.1
La bonne nouvelle, c’est que nous sommes aux manettes et que des militants sont devenus de véritables professionnels de la politique.
Je dis cela dans le sens noble du terme, Ces militants travaillent à plein temps sur des sujets complexes demandant des compétences transversales et ce quelquefois depuis assez temps pour acquérir un vrai savoir faire.
J’ai ainsi vu des familles en difficulté relogées en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire par des camarades. Il fallait un sens aigüe du droit français, une connaissance avancée du fonctionnement complexe de nos administrations, du temps et un joli carnet téléphonique pour y arriver. Cette conjonction de facteurs est rarissime avec un militant bénévole, relativement fréquente chez les professionnels de la politique.
La mauvaise nouvelle c’est qu’années après années, victoires après victoires, une majorité des militants s’est retrouvée employée directement ou indirectement par une municipalité, un conseil régional ou général. Bizarrement cela aide beaucoup ces militants à être d’accord avec leur employeur….
Et les dirigeants de ces collectivités se gênent rarement pour caporaliser le Parti. Je ne compte plus les pressions qu’ont connues untel ou untel pour n’avoir pas pris la direction du patron. Ceci renforce drastiquement la logique d’écuries.
Malheureusement pour compliquer les choses cette logique d’écuries qui était nationale se fissure.
Les barons locaux qui gagnent tout ont de plus en plus de mal à suivre des dirigeants nationaux qui donnent une image déplorable dans les médias, imposent des décisions du haut de leur tour d’ivoire alors qu’ils n’ont rien gagné depuis longtemps. en plus d’une division par écurie, on risque d’avoir une division géographique…
Alors que reste-t-il aux simples militants ? Pas grand chose…..
D’abord dans les lieux ou le Parti est au pouvoir, ils sont un peu à l’écart. Une fraction importante du Parti est professionnalisée et se rencontre donc majoritairement dans le cadre du travail. Les décisions importantes se font dans les cabinets qui deviennent peu à peu des lieux secrets d’où peu d’informations sortent. Et l’on confond petit à petit PS et responsabilités professionnelles ce qui exclut ceux qui ne travaillent pas au conseil ou à la Mairie.
Je me suis souvent entendu dire : “Mais enfin Pierre tu ne connais pas Schmurtz ? Il travaille au service bidule !”. Et je ne parle pas des réunions ou l’on enchaine les acronymes tels que PLU, PLH etc.. sans même imaginer que quelqu’un puisse ne pas comprendre….
Il reste alors les réunions de section qui sont certes utiles, pour se serrer les coudes en cas de défaite par exemple, mais d’où il est très difficile de faire remonter des informations vers les instances dirigeantes. Instances dirigeantes que l’on ne voit que dans un étrange spectacle médiatique.
- source Wikipedia. Résultats des Régionales 2004, Cantonales et municipales 2008. [↩]
Un commentaire ↓
1 Amélie // sept 4, 2009 at 14:55
Il me semble que la personnalisation des débats politiques est quand même largement induite par nos institutions, aggravée par le calendrier choisi en 2002 et nos échecs successifs.
aujourd’hui, on “sait” gagner les élections qui se jouent sur nos actions, sur notre travail de terrain. et on échoue à l’élection qui se gagne sur une personne, au-delà des projets etc… il y a donc une certaine logique à ce que nous focalisions notre attention sur ce qui nous résiste…
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