
AFP : le révélateur d’une crise chez les médias ?
C’est en lisant rue89 ce matin que j’ai appris que Libération avait lancé une charge des plus virulentes contre l’AFP l’accusant ni plus ni moins que de complaisance envers le pouvoir politique actuel.
Vous trouverez ici l’article de libe et là la contre-enquête de Rue89 qui tempère, mais ne contredit pas, les propos de Laurent Joffrin.
A ce propos je ne peux m’empêcher de citer un extrait de la tribune de libé :
“Dans ce système, si Libération écrit que la Terre est ronde et si l’Elysée déclare qu’elle est plate, l’AFP publiera d’abord le démenti élyséen, ou bien mettra à égalité les deux communiqués sans prendre parti ou, au mieux, elle laissera entendre que la vérité se situe entre les deux.”
A mon avis ce reproche fait à l’AFP peut être fait à une écrasante majorité de la presse actuelle. C’est ce que l’on appelle le journalisme de déclaration, une presse qui se contente de citer les différents protagonistes sans vérifier leurs propos, les dires de l’un devant contrebalancer ceux de l’autre. C’est au journalisme ce que le fast food est à la restauration : rapide, industriel, efficace mais au final pas très bon pour la santé, santé démocratique en l’occurrence.
Youpi la crise est finie !
C’est en tout cas le postulat d’un article de slate.fr. On “appréciera” d’abord le fait que l’auteur soit aussi sûr de la sortie de crise, ou pour être plus précis de la fin de la récession. Mais au delà de cela, c’est le point de vue de l’auteur qui m’interpelle. Même s’il y a bien pire on sent bien là un parti pris économiste au sens où l’on s’intéresse plus à la machinerie économique qu’à ses conséquences.
Je m’explique :
Selon wikipédia, l’économie est “l’activité humaine qui consiste à la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et services“.
Et donc avoir un point de vue économiste revient à s’intéresser au fait qu’il y ait bien production, distribution, échange et consommation sans avoir du recul sur les objectifs de ces activités, les moyens mis en œuvre et les conséquences.
Avec un tel point de vue l’immobilier ne s’est jamais autant bien porté que fin 2007 : le marché était florissant, les constructions nombreuses etc….Mais pas une once de recul pour se rendre compte que nous étions arrivé à un point ou un couple ayant des revenus forts convenables devait s’endetter sur 25 ou 30 ans et consacrer plus d’un tiers de ses revenus pour acheter un appartement sans qualité particulière. Une situation qui devenait intenable pour des familles modestes.
Ainsi l’auteur de l’article a une position ambiguë sur l’immobilier : il semble regretter que la machine soit grippé aux Etats-Unis sans que l’on sache s’il pense aux familles expulsés de leur maisons ou que les prix soient redevenus convenables.
Point “amusant”, quand l’auteur essaye de sortir de ce point de vue les conclusions sont…”décapantes” !
Ainsi quand il parle de chômage les déductions sont des plus originales : “La conséquence est réelle et psychologique: beaucoup de ménages voient leurs ressources se rétrécir voire se tarir.”
Et oui messieurs dames quand on a pas de travail on gagne moins d’argent et cela a des incidences sur votre moral !
Messieurs les économistes pensez-y !
3 commentaires ↓
1 claude.B // août 11, 2009 at 14:41
EXCELLENT ARTICLE
2 claude.B // août 11, 2009 at 15:07
EXCELLENT ARTICLE.
BIS ET BRAVO
3 Pierre Benayoun // août 11, 2009 at 15:28
merci papa ! ;)
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