Ce congrès m’a rendu fou. J’en suis à la troisième version de cet article, je suis passé par tous les états.
Avant toute chose je tiens à dire que ceci est un ensemble de réactions à chaud. Il faudra refaire un point sur ce congrès dans quelques mois.
Ensuite malgré le triste spectacle de Reims, le Parti en a vu d’autres. On a eu Rennes en 1990, la déroute de 1993 aux législatives et ceci ne nous a pas empêchés de gagner en 1997. Je rappelle de plus que nous venons de gagner les élections municipales, cantonales et sénatoriales….Le Parti est loin d’être moribond.
Cependant la situation du congrès de Reims est complexe et très, mais alors très, énervante.
J’avais été ravi par la première partie du congrès1, et avait commencé un première version de cet article assez idyllique.
A notre niveau militant même s’il n’avait pas été assez approfondi, mais il ne l’est jamais assez, le débat avait été là. Les échanges avaient été courtois voire chaleureux entre nous et je pensais, ouh le naïf, qu’il y avait chez certaines motions la réelle volonté de changer le Parti. A l’époque, j’ai l’impression que c’était il y a une éternité, le PS me semblait avoir de bonnes bases mais qu’il devait changer son organisation pour rentrer vraiment dans le 21eme siècle. Lors de ces présentations j’avais aussi vu ce désir de changement chez d’autres camarades. Souvent de la motion B, quelquefois de la motion D et C.
Cette version de l’article dénonçait des médias qui avaient tort de ne considérer ce congrès que comme une guerre des chefs…
Malheureusement nos éléphants leur ont donné presque totalement raison. J’ai essayé d’écrire ce We et je peux vous dire que la version de l’article était pour le moins désabusée voire haineuse.
C’est à croire que la tête du parti est constituée seulement de personnes qui se connaissent depuis des années, s’haïssent depuis presque autant et doivent décider ensemble, maintenant, lequel d’entre eux réalisera seul l’objectif qu’ils partagent tous : Être président de la République.
Et le système actuel du Congrès du Parti Socialiste semble hâtiser les conflits de personne et cacher le débat de fond. C’est un système qui distribue des cartes en prévision d’un désastreux jeu de poker. Ségolène a 29 cartes, Bertrand et Martine 25, Benoit 192. Étant donné qu’aucun n’en a 513 la partie était très mal engagée.
Si Ségolène Royal a quand même décidé de prendre le parti avec sa majorité toute relative, les trois autres ont semblé tout le WE essayer de résoudre une équation assez complexe : Eliminer Ségolène sans avantager un de leur deux autres camarades. C’était un TSSSABBM : Tout Sauf Segolène Sans Avantager Benoit Bertrand ou Martine. Aucun accord entre les trois autres n’étant possible sur ces bases, Bertrand Delanoë a préféré abandonner4,Benoit Hamon et Martine Aubry sont partis au charbon seuls. Cela a au moins le mérite de remettre les militants dans le jeu démocratique du Parti et de ne pas voir tout se régler dans les couloirs5.
Nous aurons un vote qui dégagera une majorité sur un homme ou une femme6. Elle sera claire, le premier secrétaire sera élu avec une majorité absolue. Espérons que les cadres se rangeront derrière cette majorité7. J’avoue en douter car il sera facile de se cacher derrière le vote du 6 Novembre pour ne pas suivre le ou la gagnante.
- voir un des articles du “Motion E world’s Tour : Le premier est là [↩]
- on ne compte pas les cartes du pôle écologique et d’Utopia, ils n’en ont pas assez pour jouer avec les grands [↩]
- je ne sais même pas si cela aurait résolu les problèmes [↩]
- avant de se raviser, cette sortie le mettant hors-jeu pour les décisions post congrès [↩]
- on positive comme on peut [↩]
- Excellente nouvelle nous avons deux candidates pour un candidat, le parti se féminise et c’est tant mieux [↩]
- quel que soit le gagnant ou la gagnante [↩]
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