Un point et la rose

Un point de vue socialiste et talençais par Pierre Benayoun

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Le congrès du PS pour les nuls

11 juillet 2008 · 3 commentaires

Petit à petit vous entendez parler du congrès du Parti Socialiste et vous vous demandez à quoi peut bien servir ce machin…

Quelques réponses à vos questions.

Le congrès késako :
Et bien cher(e) ami(e) le PS organise tous les trois ans un congrès ordinaire1. Ce congrès va servir à deux choses : Définir quelle sera la ligne politique du parti et quels seront ses dirigeants à tous les niveaux.

Le congrès de Reims c’est quand et c’est quoi ?
C’est le prochain congrès ordinaire du Parti. Il a lieu le 14 et 16 Novembre à…Reims. C’est le premier congrès après les présidentielles de 2007 d’où son importance.

Ca marche comment ?
Plusieurs phases absolument passionnantes :
En ce moment nous avons la phase des contributions générales (grandes orientations du Parti) et thématiques (De l’Europe à la viticulture).

Vous trouverez ici en .zip les générales et les thématiques.

C’est un peu la phase de brainstorming du parti où les idées germent et les futures alliances se dessinent.

Le 23 Septembre aura lieu le congres national de synthèse.

Les contributions seront alors synthétisées en motions. C’est là que les choses sérieuses commencent.

En effet les motions2 vont êtres votées le Jeudi 6 novembre.

A partir de ce vote les délégués du parti vont être choisi en section puis au niveau de la fédération3 (congrès fédéraux le WE du 7 Novembre) et enfin au niveau national au congrès de Reims (We du 14 Novembre).

Ces responsables sont tous élus à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne4.

Pour faire simple si votre motion obtient 60 % des voix dans votre section, elle envoie à peu près 60 % des delegués5 à la fédération et la fédération fait de même pour le national.

Ces responsables forment de plus les conseils de section, fédéraux6 et nationaux qui élisent des bureaux de…section, fédéraux et nationaux !

Ce sont ces bureaux qui forment les instances dirigeantes7.

D’où l’importance des motions. Ce sont elles en effet par leurs votes qui nous font désigner les orientations politiques et nos instances dirigeantes.

C’est bien gentil coco, mais les secrétaires de section, les premiers fédéraux et le premier secrétaire national ?
Ah oui nos secrétaires… Depuis quelques années ils sont élus au scrutin universel :

  • Le secrétaire de section au niveau de…la section
  • Le premier fédéral de la fédération
  • Le Premier secrétaire national au niveau..national

Et quel est le rôle de ses secrétaires?
Ah ah…Bonne question !

Quelque soit le niveau, Le secrétaire appartient au bureau et en préside les réunions.

C’est la définition officielle :
Ensuite tout dépend de la personnalité du monsieur ou de la dame, s’il est de la motion majoritaire8, ses rapports avec les élus9, les instances au dessus et au dessous de lui, pour le premier secrétaire les médias et les sondages….

Bref cela va du personnage considéré juste bon à envoyer les convocations aux réunions au petit père des peuples nous emmenant vers la patrie socialiste10.

Quels sont les enjeux ?
Les points précédents formaient une explication technique, nous rentrons ici dans l’analyse.

Avant d’aller plus loin je précise d’abord que j’ai signé la contribution de Mme Royal. Cela vous permet de savoir d’où cette analyse est faite.

Ce congrès, et ce n’est pas nouveau, ne voit pas de grands clivages nationaux sur l’analyse de la situation et des objectifs à atteindre.

L’analyse :
Le capitalisme s’enfonce de plus en plus dans une spirale financière qui ne profite plus qu’aux riches et très riches, que l’Europe n’est plus un bouclier contre ces travers, que les solutions de M. Sarkozy avec des baisses d’impôt aux plus aisés compensés par une réduction du service public sont dangereuses et qu’il est temps de penser à l’après pétrole, .

Les objectifs :
Un rééquilibrage salariés-actionnaires dans les entreprises, de taxer de différentes manières le capital, de réhabiliter le service public et ce souvent grâce à une décentralisation accrue, de tout faire pour revenir au plein emploi.

Les premières différences apparaissent au niveau des méthodes pour parvenir aux objectifs.

Certes selon les contributions et les thèmes abordés on a quelquefois des solution type “lettre au père noël” : “il faudra que ce problème soit réglé”, “nous mettrons tout en œuvre pour atteindre cet objectif et ce sans tabou” etc…

Mais on voit surtout en clivage entre “aile gauche” et “aile droite” du parti.

“L’aile gauche” propose des solutions classiques : Hausse du SMIC, taxes importantes et réhabilitation de l’impôt, mise en avant d’un état fort pas toujours décentralisé.

“L’aile droite” propose quant à elle des solutions que l’on pourrait appeler “plus modernes” : revalorisation de la formation continue, négocier des nouveaux accords salariés-entreprise, trouver là ou on le peut des partenariats privé-public.

Les choses sont plus complexes puisque la contribution de Mme Aubry (”aile-gauche”) insiste sur la formation continue et celle de M. Delanoë (”aile-droite”) propose de réhabiliter l’impôt.

Ensuite il y a un vrai clivage sur le rôle du premier secrétaire et la stratégie à adopter pour réformer le parti et surtout gagner les présidentielles.

Pour le rôle du premier secrétaire il y a deux visions bien différentes.

D’un côté un premier secrétaire qui gère et met en place le parti pour 2011, année de la désignation de notre candidat aux présidentielles. On y trouve par exemple Mme Aubry, Mrs Fabius, Strauss-Khan etc..

De l’autre un premier secrétaire chef de parti qui prépare dès à présent le combat pour les présidentielles et dont il serait le candidat naturel en 2011. C’est la position de Mme royal et M. Delanoë.

Quant au niveau local11 il faudra remplacer M. Anziani notre premier secrétaire fédéral qui ne se représentera pas. La fédération était dite fabiusienne, il est difficile de faire un état des lieux car peu d’élus se sont engagés vers une contribution ou une autre. Nous y verrons plus clair au moment des motions.

Pour en savoir plus :
Vous trouverez ici l’article des statuts du PS consacré au Congrès.

Vous trouverez aussi ici une analyse nationale indépendante.

Vous trouverez ici une analyse locale de sud-ouest12 [EDIT du 27/08/08 : le lien a été actualisé par un article de fin Août)

  1. sauf circonstance exceptionnelle c’est alors un congrès extraordinaire []
  2. en théorie, il ne devrait y en avoir qu’une seule mais en pratique on en trouve entre trois et six en moyenne []
  3. Il y a grosso-modo une fédération par département []
  4. oui cela fait extrêmement serieux et je ne sais absolument pas ce que signifie ce “à la plus forte moyenne” []
  5. et déléguéEs ! 40 % obligatoire au minimum []
  6. on y trouve aussi pour un tiers des secrétaires de section []
  7. en Français : les chefs []
  8. Dans l’absolu les deux votes étant différents rien n’empêche à un secrétaire de ne pas faire partie de la motion majoritaire []
  9. Au PS il vaut mieux bien s’entendre avec eux ! []
  10. vous n’aviez qu’ à ne pas m’appeler coco []
  11. fédération de la gironde []
  12. les bons articles de ce journal étant rares, on ne va pas se priver []

Tags: Politique

3 commentaires ↓

  • 1 BENAYOUN CLAUDE // juil 11, 2008 at 18:34

    Tres clair et assez objectif.
    Plus forte moyenne favorise les motions les plus votées.
    Plus fort reste favorise les motions minoritaires et peut à la limite empecher la constitution d’une majorité.

  • 2 Thomas Feldstein // août 25, 2008 at 14:43

    Euh, d’abord, le lien vers le rare bon article de SO est rompu… Mais sinon, merci pour cette explication/vulgarisation ; ça me permet de constater que le PS n’a rien à envier aux Verts en terme de bureaucratisation des désignations et de luttes internes où on ne sait plus qui est avec qui sur quelles positions. Entendu sur France Inter hier : “les amis de mes amis ne sont pas forcément mes amis…”

  • 3 Pierre Benayoun // août 27, 2008 at 10:09

    @Thomas :
    Je viens d’actualiser le lien de Sud-Ouest avec un article du jour.

    Ensuite le problème est en effet, mais ce n’est pas le monopole du PS, que souvent les querelles et les rivalités prennent le pas sur les débats de fond…

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